« Lettre ouverte à M. Bolduc et M. Blais : Pour que nul ne soit échappé entre vos deux ministères. Qu’en est-il des personnes désirant terminer leurs études secondaires? »

Publié: 6 août 2014 dans Éducation et formation

Monsieur Bolduc,

Monsieur Blais,

Le Rassemblement de la jeunesse citoyenne s’adresse à vous aujourd’hui pour vous demander ce que vous entendez faire pour les personnes qui désirent finir leur secondaire régulier et qui n’ont pas d’autre ressource que l’aide sociale?

À l’heure actuelle, ces personnes (tant d’âge mineur que majeur) tombent dans le « trou » qui sépare vos ministères. En effet, le Ministère de l’éducation, du loisir et du sport (MELS) ne prévoit pas l’octroi de prêts et bourses pour des études en formation secondaire générale et le Ministère de l’emploi et de la solidarité sociale (MESS) refuse de soutenir toute démarche d’étude si ce n’est pas pour une formation en lien avec les besoins immédiats du marché du travail. Mais qu’est-ce qu’on fait si nos études secondaires sont menacées, entre autres,  par  la perte d’un logis et des difficultés financières ? Qu’est-ce qu’on fait si, par exemple, notre objectif est d’entamer des études collégiales ou universitaires?

Un cas malheureusement typique et trop fréquent est survenu récemment dans la région du Centre-du-Québec. Une jeune fille qui était à six mois de terminer un secondaire V régulier a vécu une série de difficultés et s’est retrouvée dans une Auberge du Cœur. Sans revenu et sans soutien financier de ses parents, elle a fait une demande d’aide financière de dernier recours à l’approche de ses 18 ans, une demande qui lui a été refusée parce qu’elle allait à l’école à temps plein. Les options qui lui ont été proposé étaient soit de s’inscrire au programme SPRINT (un parcours de formation axé sur l’emploi) ou décrocher, faire une demande à l’aide sociale et ensuite s’inscrire à l’éducation aux adultes. L’obligation de combiner travail et étude représente un risque important de décrochage et surtout, qu’arriverait-il à cette jeune fille si elle n’était pas en hébergement dans une Auberge du cœur ?

Pour régler la situation, une intervenante a dû faire appel au pouvoir discrétionnaire de la Ministre de l’époque, madame Agnès Maltais, ce qui a permis à la jeune fille d’obtenir les prestations d’aide financière de dernier recours, malgré le fait qu’elle soit aux études à temps complet.  C’est aberrant et décourageant de voir des dispositions administratives et légales venir non seulement faire obstacle à la réussite scolaire mais pousser volontairement au décrochage!

Bien que la question ait été soulevée plusieurs fois par des groupes de défense des droits auprès du MESS et que celui-ci se soit engagé à faire un suivi, nous sentons non seulement la légitimité mais l’obligation de souligner publiquement l’urgence d’agir. Nous sommes par ailleurs très inquiets des importantes coupures budgétaires dans les programmes sociaux, dont celles aux MESS et dans le monde de l’éducation aux adultes. Pourtant, le  gouvernement Libéral se targue de faire de la lutte au décrochage scolaire une priorité… Face à ces mesures, comment vous prendre au sérieux et vous considérer à la hauteur ?

Actif depuis 2010, le Rassemblement de la Jeunesse citoyenne (RAJE citoyenne) est un mouvement d’action collective par et pour des jeunes en situation de pauvreté et d’exclusion qui luttent pour améliorer l’accès à la sécurité du revenu et aux programmes d’employabilité, de formation et de retour aux études. Quotidiennement, nous observons l’effet nuisible de la pauvreté et de l’itinérance sur la capacité des jeunes à faire reconnaître et à exercer leurs droits à un revenu et à l’éducation. Les failles entre vos ministères ne font qu’aggraver les choses. C’est pourquoi nous prenons aujourd’hui les devants pour vous interpeller directement afin de jouer un rôle actif dans l’amélioration de nos conditions de vie, d’affirmer et de défendre positivement nos droits et accroître notre pouvoir d’agir sur les inégalités sociales.

Nous espérons fortement que des actions cohérentes seront mises en place en ce sens cet automne avec le premier plan d’action de la Politique nationale de lutte à l’itinérance. Soyez assurer que nous veillerons à vous tenir en haleine sur cette question, car la société québécoise ne peut faire l’économie d’une relève émancipée et éduquée.

Le Rassemblement de la Jeunesse citoyenne

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commentaires
  1. Michel Campbell dit :

    Le pire, ces que ce plan d’action seras possiblement accepter de façon à crée encore une autres avenue du au failles de ces ministères, mais encore, faudra-t-il manifester pour rendre réaliste le montant accordé à cette enveloppe???

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