Réflexions de Charles sur  »Et si on existait… »

Publié: 19 septembre 2013 dans Articles d'enRAJÉs

Ayant visionné ce film pour la première fois lors de la projection du 17 septembre, j’étais exposé pour la première fois à une réalité dont je n’avais pu jusqu’à date que me douter. J’ai pris conscience de cas de jeunes cherchant le soutien de l’État par le biais de l’aide sociale et ayant été confrontés à une machine bureaucratique dont les mécanismes se surpassent les uns les autres en complexité. À travers leur histoire respective, j’ai vu l’expression concrète et factuelle d’une volonté politique de restreindre l’accès à ce service, de ne pas faire face à la réalité dérangeante qu’incarne la pauvreté et même d’un dédain et d’un snobisme crasse face aux gens les plus désœuvrés de notre société. À travers une vision purement mécanique de la conception « d’aide à la pauvreté », l’accession au « chèque » se fait sans aucune considération pour les obstacles concrets auxquels doivent faire face ceux qui se résignent à y avoir recours. Indépendamment de la réalité humaine vécue par chacun de ces individus, ils sont pris comme des numéros devant se soumettre à une sélection féroce.

Autre chose contre laquelle je n’ai pu que me révolter, c’est l’exigence de censurer le blogue du RAJE citoyenne lorsque ceux-ci se sont mis à décrier plus énergiquement leur mécontentement face à l’amorphisme du Ministère de la solidarité sociale. Cela m’a vaguement évoqué une certaine région d’Europe de la période 1933-1945. Comme s’il leur était plus important de préserver leur apparence de ministres ouverts et à l’écoute et d’utiliser tous les outils dont ils disposent pour faire taire les voix discordantes que d’être réellement engagés dans une dynamique constructive de négociation et de résolution de problème.

Le visionnement de ce film ajoute des arguments de poids à la théorie selon laquelle la société québécoise s’aligne de plus en plus sur une mentalité globale de droit économique au détriment du droit humain, imposée par une élite financière tirant les ficelles des gouvernements occidentaux et faisant la guerre aux gouvernements (et aux populations) récalcitrants. À mon sens, j’estime que le litige alentour de la problématique d’accès à l’aide sociale n’est pas tant la cause d’une injustice que le symptôme de mentalité d’économiste, de banquier et de corporatiste qui tasse du revers de la main tout ce qui ne contribue pas à l’augmentation du PIB, de la croissance de la consommation et qui ne renforce pas le pouvoir pyramidal de cette élite. En résumé, selon moi cette situation s’inscrit comme une tentative parmi tant d’autres de créer un fossé de plus en plus grand entre les dirigeants et les dirigés, au sein d’une stratégie globale simultanée de raffermissement des pouvoirs de cette élite et d’affaiblissement du pouvoir de la majorité.

En terminant, avoir été exposé à ce film m’a autant conforté dans ma perception préexistante d’un agenda politique et économique particulier destiné aux masses, que me laisser d’autant plus perplexe sur les moyens concrets à prendre pour le combattre.

Pour voir le film, cliquer ICI: ET SI ON EXISTAIT… Le film d’une lutte pour exister!

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s